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Un avenir à tracer

Comme beaucoup d’entre nous en ce début d’année scolaire, j’ai été amenée à assister à bon nombre de réunions parents/profs.
Celle de mon aînée pour son entrée en 4ème m’a particulièrement interpellée, car il y a été question de choix d’orientation à faire dans le courant de l’année (principalement pour ceux qui s’orienteront vers des filières pro).

Je me suis posée la question de savoir si tous les adolescents de cet âge avaient déjà une idée de ce qu’ils voulaient par la suite : quel métier exercer, quel cursus scolaire suivre… ?

La réponse n’est pas si évidente pour eux. Et l’angoisse pour un adolescent qui ne sait pas quelle orientation choisir, est sans doute l’une des choses les plus difficiles à vivre dans cette période déjà bien compliquée pour eux.
Vous avez beau explorer avec lui les métiers qui sont dans votre sphère, le brouillard ne se lève pas pour autant.

Et soyons francs, les CIO sont très bien pour ceux qui ont déjà une idée du métier qu’ils souhaitent exercer et qui cherchent l’orientation scolaire en adéquation, mais lorsqu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent faire, c’est beaucoup plus compliqué.

D’autant plus que l’univers du travail a été révolutionné en à peine 10 ans avec l’avènement du numérique, que cette nouvelle génération maîtrise déjà au quotidien.
Certains métiers étant appelés à devenir obsolètes voire même disparaître.
Une récente étude parue dans Le Monde, explique que “65 % des écoliers d’aujourd’hui exerceront des métiers qui n’existent pas encore”.

L’arrivée dans le monde du travail de ces ados made in “an 2000”, s’annonce donc mouvementée.
Difficile dans ces conditions de trouver sa voie sereinement.

Un phare dans la nuit

Lorsqu’une telle problématique se présente chez un actif exerçant déjà un métier, la 1ère solution envisagée est de réaliser un bilan de compétences.
Cela lui permet de consolider son choix de carrière ou de se reconvertir.

Peu sont ceux qui savent qu’un tel bilan peut s’adapter à des jeunes en difficultés d’orientation, que ce soit pour des raisons scolaires ou parce qu’ils sont perdus face à un choix à faire.

Pour en parler et mieux comprendre cette démarche, j’ai invité Lise Laplume, responsable chez CIME Compétences, à me rejoindre.

  • Bonjour Lise, expliquez-nous ce que vous faites chez CIME Compétences ?
  • LL : Chez CIME Compétences, je suis psychologue du travail et dans ce cadre, je suis amenée à accompagner des personnes dans leur cheminement professionnel ou d’orientation. Ainsi, je vais accompagner des adultes dans le cadre de bilan de compétences et des jeunes dans le cadre de conseil en orientation.
  • En quoi un bilan peut aider un jeune à trouver sa voie ?
  • LL : Le bilan va permettre à un jeune de mieux se connaître, d’identifier ses capacités et compétences. Mais également, de mieux connaître les métiers qui existent.
    Ce travail sur soi va l’aider à se projeter ou pas dans un métier ou une filière professionnelle.
  • Il n’a pas encore d’expérience pro. Sur quoi vous basez vous ?
  • LL : Je vais travailler sur ses centres d’intérêts mais également sur ses stages, petits jobs (baby-sitting, …) s’il a eu l’occasion d’en effectuer. Et, je vais également travailler sur sa représentation des métiers qui gravitent autour de lui.
  • Qui est à l’initiative de cette démarche en règle générale ?
  • LL : Je vais rencontrer des jeunes qui sont inquiets pour leur devenir car ils n’ont aucune idée de ce qu’ils veulent faire plus tard et, bien entendu, ne savent que choisir en termes d’orientation. Ils partagent alors cette inquiétude avec leurs parents. Et, aussi, je vais me retrouver face à des parents inquiets et qui proposent à leurs enfants d’être accompagnés dans cette démarche d’orientation.
    Quoiqu’il en soit les jeunes que j’accompagne sont tout à fait volontaires dans cette démarche.
  • Avez-vous parfois des retours des jeunes que vous avez aidé par le passé ?
  • LL : Oui, en effet. J’ai des retours de jeunes qui ont retrouvé de la motivation dans leurs études car ils ont enfin un but à atteindre. Et d’autres qui me disent avoir trouvé leur voie.
  • Une anecdote ?
  • LL : Oui ! Une jeune fille que j’ai accompagnée m’a envoyé sa mère pour un bilan de compétences ! »

 

Envisager l’avenir plus sereinement

De la même manière que les freelances dont je parlais dans un autre article, le plus important est de ne pas rester seul dans son coin.

S’entraider, se sentir soutenu, sont des valeurs primordiales dans cette démarche.
Bien sûr, c’est un travail personnel qui demande un peu d’investissement pour aboutir au résultat escompté.
Mais l’effort en vaut la peine, comme en témoigne Quentin D., Faïli B. et la toute jeune Lilou C., qui ont tous les 3 effectué un bilan auprès de Lise.

Quentin est venu trouver Lise suite à une orientation qui ne lui convenait pas :

« Avant de faire ce bilan j’étais dans un cursus qui ne me plaisait pas (mauvais choix d’orientation en Génie Thermique et Energies). J’étais perdu, aucune idée de ce que je voulais faire.
Je me suis posé des questions sur moi, sur ce qui me plairait.
Le bilan m’a d’abord permis d’apprendre sur moi-même.
J’ai ainsi pu définir un projet bien plus clair qui me correspondait vraiment.
Aujourd’hui je suis en DUT Techniques de Commercialisation et je m’y épanoui. »

 Pour Faïli, les choses étaient un peu différentes puisqu’elle avait fait un choix d’orientation sur les conseils de ses proches, en ayant un doute sur le fait que ça lui corresponde vraiment.

« J’ai découvert l’agence CIME grâce à mes parents. J’y suis allée dans une démarche de découverte afin de peut-être y trouver une nouvelle voie qui pourrait m’intéresser.
À l’époque, j’avais un peu l’impression que mes choix d’orientation étaient ceux de mes parents et pas les miens.
Même si je n’étais pas totalement perdue au niveau de mon orientation, je me disais qu’une aide supplémentaire était la bienvenue.

Ce bilan était alors la parfaite occasion de découvrir ce que moi je voulais réellement. 

 Lors des rendez-vous, j’en ai appris un peu plus sur moi-même, j’ai découvert à la suite de tests des traits de caractères très forts chez moi.
J’ai également fait un test d’anglais qui a permis de confirmer mon bon niveau.
J’ai cru pendant un moment avoir découvert une nouvelle voie mais cela s’est révélé peu concluant, et au final j’ai écarté cette possibilité.

 Au fur et à mesure, les rendez-vous m’ont permis de confirmer mes choix de départ.
Cependant, cette fois-ci, ces choix étaient les miens et non les idées de mes parents.

Je ne pourrai pas vous dire si j’ai trouvé ma voie car cela ne fait qu’un mois que je suis à la fac mais je trouve que la filière choisie est dans la continuité de mon bac et de mes attentes.
Je suis pour l’instant en grande partie satisfaite de mon cursus et j’ai hâte de voir les années à venir. » 

 Quant à Lilou C., jeune collégienne, c’est dans une envie de se découvrir et d’anticiper son avenir pro qu’elle a effectué cette démarche volontaire.

« J’ai connu CIME Compétences par ma mère qui a fait une reconversion professionnelle en 2017.
De mon côté, j’avais eu des idées de métiers qui me plaisaient, mais avec le temps mes idées changeaient et j’étais perdue.
Même si je suis encore jeune, je voulais savoir vers quoi m’orienter pour avoir une vraie motivation dans mes cours.

Mes 2 petites sœurs savent déjà ce qu’elles veulent faire (même si ça peut encore changer) et je leur enviais cette sérénité de ne pas se poser de question.
J’ai commencé mon bilan pendant l’été, ce qui m’a permis de m’y consacrer pleinement.
Les tests ont vite fait ressortir des traits de caractère chez moi comme la sociabilité et l’envie d’aider les autres. Pour autant, je ne me voyais pas travailler dans le social.
Aujourd’hui, les fiches métier envisagées avec Lise ont toutes en commun d’être orientées vers la même voie professionnelle dans laquelle je me vois bien !
L’avenir confirmera sans doute ces choix. Mais en attendant je sais quelles matières je dois travailler plus. »

Dans un monde du travail où l’on entend de plus en plus souvent parler de burn out, d’absentéisme et de manque de motivation, pourquoi ne pas travailler suffisamment tôt sur l’orientation des jeunes pour leur permettre de trouver une voie qu’ils auront choisie, qui leur plaira pour de vraies raisons et dans laquelle ils s’épanouiront ?

Cela ne veut pas dire qu’ils ne choisiront pas un autre métier dans 15 ou 20 ans, mais ils sauront quel cheminement les attend et n’auront pas peur de provoquer ces changements parfois nécessaires.

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